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L’Ordre des médecins de Paris invite les médecins à la prudence dans leurs signalements !

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D’après le psychiatre Gérard Lopez, deux enfants meurent chaque jour en France sous les coups d’un proche !
©REUTERS/Mario Anzuoni

Une recommandation de l’Ordre des médecins incompréhensible

Comment ne pas réagir ?

Nous avons réagi dans un article sur l’Express YourSelf.
Titre : Les enfants maltraités doivent-ils attendre que leurs parents déposent une plainte ? – Article publié le : 01/02/2013

« Les médecins signalent-ils trop souvent lorsqu’ils sont face à un enfant qui présente des signes de maltraitance? C’est ce qui ressort d’un texte de l’Ordre des médecins de Paris, déplore Marie-Hélène Delteil, de l’association Collectif Inceste. Son coup de gueule. « 

Réagissez sur l’Express !

L’Ordre des médecins de Paris invite à la prudence dans les signalements de maltraitance sur les enfants :

« Pour guider les confrères dans le choix de parler ou de se taire, le conseil départemental de l’ordre des médecins de la ville de Paris vient de faire le point avec le chef de la section des mineurs du parquet de Paris et le CRIP 75 [Cellule de recueil des informations préoccupantes, NDLR]pour établir les contours de l’information à signaler avec prudence et circonscription. »

Il s’agit donc de guider les médecins dans le choix de de parler ou de se taire lorsqu’ils sont face à un enfant qui semblent présenter des signes de maltraitance.

Les médecins signalent-ils trop souvent ou à mauvais escient?

Nos médecins exagèrent-ils comme l’affirme le Docteur Rufo lors d’une de ses récentes prestations télévisées? Cette prestation a, au passage, déclenché une vague d’indignation de la part d’associations et de professionnels de santé (cf. pétition du CRIFIP) et paraît-il l’envoi massif de courriers de protestation auprès du Conseil de l’Ordre des Médecins… justement? (Le Docteur Rufo affirme au cours de la même émission que les enfants violés se portent bien dans leur grande majorité… sic).

Si l’on se fie aux seuls chiffres du CRIP 75 , il semblerait au contraire que non:

« Seulement 10% [des informations préoccupantes] émanent d’une alerte lancée par le corps médical alors que dans la capitale, des cellules spécifiques ont été constituées dans les hôpitaux pédiatriques pour faciliter le recueil d’information. »

Les signalements ne sont donc pas une pratique réflexe de la part de nos médecins, loin de là. Et si l’on en croit certains spécialistes, comme le Docteur Lopez, fondateur du Centre de Psychotrauma qui a accueilli 2000 enfants et adolescents rien qu’en 2011, il semblerait au contraire qu’ils ne signalent pas assez souvent. D’après lui, un enfant meurt chaque jour sous les coups d’un de ses proches en France en 2012!

Nous sommes donc loin du compte en matière de signalements.

La suite de l’article est tout aussi étonnante…

« Face au nombre de signalements qui a bondi de 130% en six ans, Maître Danièle Ganem-Chabenet, avocate du conseil ordinal parisien, met en garde les médecins libéraux : «Les parents n’ont pas besoin d’un certificat d’un médecin de ville pour déposer une plainte dans un commissariat.» »

C’est quasiment de l’incitation à la non-assistance à personne en danger, de tel propos! Les enfants maltraités doivent-ils donc attendre que leurs parents déposent une plainte au commissariat? Cette avocate tire-t-elle un trait sur le nombre effarant d’enfants maltraités victimes de violence et de viols dont on ne sait d’ailleurs même pas le nombre réel en France faute d’un Observatoire compétent?

Ma question finale est donc: POURQUOI une telle incitation « à la prudence » de la part du Conseil de l’Ordre de Paris ? 

Un commentaire pour L’Ordre des médecins de Paris invite les médecins à la prudence dans leurs signalements !

  1. collectif says:

    DROIT DE REPONSE AU QUOTIDIEN DU MEDECIN DU DOCTEUR IRENE KAHN-BENSAUDE, PRÉSIDENTE, LE JEUDI 14 FEVRIER 2013
    Usant de son droit de réponse, le Dr Irène Kahn-Bensaude, présidente du Conseil départemental de l’Ordre de la Ville de Paris, a adressé la lettre suivante au Quotidien du Médecin :
    « Suite à l’article sur les signalements de la maltraitance de l’enfant à Paris paru dans « le Quotidien du Médecin » du 14 janvier 2013, je fais part de mon étonnement.
    Nous avons organisé une réunion de formation le 8 décembre au conseil départemental de l’Ordre des médecins de Paris sur la « maltraitance de l’enfant » et n’avons jamais dit qu’il y avait des abus, bien au contraire.
    En revanche, nous avons expliqué comment signaler, à quoi sert la CRIP (Cellule de recueil des informations préoccupantes) et donné un certain nombre de conseils afin de protéger l’enfant en danger ou en risque de l’être, et expliqué la loi de protection de l’enfance de mars 2007 en présence de M. Barbier Sainte Marie, Vice Procureur à la Brigade des mineurs, et des représentants de la CRIP.
    Depuis 8 ans, je lutte pour que les médecins puissent signaler, ce n’est pas aujourd’hui que je changerai mon fusil d’épaule.
    »
    Dr IRÈNE KAHN-BENSAUDE

    Nous espérons que le CRIP ne s’est pas contenté de publier son étonnement dans le magazine, mais qu’il a fait part de son étonnement directement au Conseil de l’Ordre lui-même !!!

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