Le coût de l’inceste

L’inceste

Le coût

Coût de l'incesteL’inceste coûte cher à la société : comment faire baisser ce coût ? En identifiant les victimes et en les soignant le mieux possible !

DÉMONSTRATION :

Source : dossier constitué en novembre 2010, par Aude Fiévet et  Victor Khagan.
Titre : COÛTS FINANCIERS et ÉCONOMIES RÉSULTANTES des traitements aux victimes d’agressions sexuelles dans une relation d’autorité

1.      – France : DÉCRET DU 4 AVRIL 2003 N° 2003-314.

Ce décret évalue les indemnisations concernant les névroses traumatiques dans le cadre des accidents médicaux.Les barèmes doivent s’appliquer logiquement aux autres accidents dans le cadre des négociations entre assurances.

 

RÉSUMÉ

Ces névroses surviennent suite à un événement traumatisant soudain et imprévisible débordant les capacités de défense de l’individu.L’appréciation d’une névrose traumatique ne peut être envisagée qu’après deux années d’évolution environ. La détermination de l’incapacité permanente (IPP) pourra se baser sur les propos suivants :

• Manifestations anxieuses discrètes spécifiques, quelques souvenirs pénibles, tension psychique : jusqu’à 3%.

• Manifestations anxieuses phobiques spécifiques avec conduites d’évitement et syndrome de répétition : 3 à 10%.

• Anxiété phobique avec attaques de panique, conduites d’évitement étendue, syndrome de répétition diurne et nocturne : 10 à 15 %.

Exceptionnellement : jusqu’à 20%.

 

2.        – COÛTS ET SOINS AUX BORDERLINES

L’économie réalisée grâce aux thérapies est de l’ordre de $10.000 à $26.000 par patient !

 

On a souvent tendance à penser que les psychothérapies coûtent cher et que la collectivité aurait peine à prendre en charge les milliers de personnes qui souffrent de cette pathologie.  Or, là encore, les études sont formelles : quand bien même une psychothérapie, à raison d’une séance par semaine, coûte « cher », les économies réalisées vont bien au delà et on peut donc dire que « l’investissement » est rentable.

Gabbard GO, Lazar SG, Hornberger J, Spiegel D. – Menninger Clinic, Topeka, KS, USA. Am J Psychiatry. 1997 – « L’impact économique d’une psychothérapie »

Objectif: Les auteurs ont passé en revue l’impact financier d’une psychothérapiepour les troubles psychiatriques.

Résultats:  Pour chaque dollar dépensé, 4 étaient économisés

La psychothérapie semble avoir un impact bénéfique sur divers coûts, quand elle est utilisée dans le traitement des troubles psychiatriques les plus sévères, y compris la schizophrénie, le trouble bipolaire et le trouble de la personnalité borderline.

Hall J, Caleo S, Stevenson J, Meares R.- Centre for Health Economics Research and Evaluation, University of Sydney, Australia J Ment Health Policy Econ. 2001  Analyse économique de la psychothérapie pour patients avec trouble borderline

Le trouble borderline est une maladie mentale sérieuse dans laquelle il a été démontré que la psychothérapie améliore l’état des patients et pour réduire l’utilisation des services de santé.  MÉTHODES:  Des données sur les patients hospitalisés, urgences, soins ambulatoires, tests diagnostic et médicaments ont été collectés pour les douze mois avant la psychothérapie et les douze mois après la fin du traitement.  RÉSULTATS:  Il y avait une économie approximative de $670.000 chez les trente patients comparés à un coût de $130.000 pour la psychothérapie, donnant une économie net de coût de $18.000 par patient.  L’essentiel étant dus à la réductions des hospitalisations.Dr. Potenza – The Mental Health Center of Greater Manchester, New Hampshire

Psychiatr Serv 1998 – American Psychiatric Association Gold Award:Integration de la Thérapie comportementale dialectique dans un programme de santé mentale

Les données pour les 14 premiers clients ayant terminé leur contrat de douze mois indiquent des changements importants et positifs de leur utilisation des services comparés à l’année avant l’entrée du programme.  Les patients ont eu une diminution de 77% en jours d’hospitalisation passant de 479 à 85 jours. L’utilisation des jours partiels d’hospitalisation a diminué de 76%, passant de 173 à 42 jours, et une diminution de 56% en jours de lit de crise a été notée, de 170 à 73 jours.  Les contacts en tête à tête avec les services de secours ont diminués de 80%, de 61 à 12 jours.  En raison de la nature du programme, le nombre de visites programmées de patients a triplé pour les 14 patients, passant de 438 jours par année, avant le programme, à 1.387 jours pendant le programme.  Bien que le coût de ces visites de patients ait augmenté de $49.000 à $141.000, les coûts d’hospitalisation pour eux ont diminué de $453.000 à $83.000. Les coûts totaux de traitement ont été réduits de plus de la moitié passant de $645.000 par année avant l’entrée du programme à $273.000 pendant le programme. Soit une économie de $26.000 par patient.

Linehan MM, Armstrong HE, Suarez A, Allmon D, Heard HL. – Department of Psychology, University of Washington, Seattle USA 1991 Arch Gen Psychiatry – Cognitive-behavioral treatment of chronically parasuicidal borderline patients

 

22 sujets assignés à la DBT et 22 sujets contrôles.  Comparaison coût sur une année : L’économie était de $10,000 par patient et par an.

 

3.     – COÛTS DU STRESS POST TRAUMATIQUE

 

Cependant les études internationales le prouvent : « Nous » les victimes de Stress Post Traumatique, nous sommes des exclus en devenir de la société : non ou mal soignés, nous ne sommes plus «productifs», nous déprimons gravement, nous perdons notre emploi, nos entreprises périclitent, nous faisons éclater nos familles, nous sommes toujours malades physiquement, nous nous gavons de médicaments, nous devenons souvent alcooliques, toxicomanes. NOUS COÛTONS CHER A LA SOCIETE en allocations chômage, puis en RMI, en CMU, en soins de toute sorte, en allocations diverses aux parents isolés (fruits de nos divorces), en attentions particulières (scolarité ; etc.) à nos enfants perturbés par une vie familiale en lambeaux.   Ce coût a été chiffré partiellement par une équipe australienne : des millions de dollars pour 300 personnes et, encore, leur système de santé n’est pas aussi prodigue que le nôtre.

 

4.     – COÛT D’UNE EXPERTISE PSYCHOLOGIQUE

 

J L VIAUT, EXPERT D‘OUTREAU DEVANT LA COMMISSION PARLEMENTAIRE 

En réponse à une question d’un député, il a précisé que les expertises étaient payées « au même tarif que depuis 1979 », c’est à dire 172 euros par personne expertisée.

 

5. – ARRÊTS MALADIE

 

En 2005, le recul de 3% des arrêts-maladie avait déjà permis d’économiser 500 millions d’euros, se félicite-t-on au Haut Conseil pour l’avenir de l’assurance-maladie. (France)

LE COÛT DU TRAITEMENT DES PEDOPHILES EST INFERIEUR AUX COÛTS SUPPORTES CÔTE VICTIMES (AUSTRALIE)

Child Protection Research Group. School of International Business. University of South Australia. North Tce Adelaide. AUS

Counting the cost : estimating the economic benefit of paedophile treatment programs. CHILD ABUSE AND NEGLECT  volume 24, fascicule 4 pp 541 à 555

ISSN  0145-2134

 

Objectif : Le principal objectif de cet article a consisté à i Méthode : On a comparé le coût estimé des programmes de thérapie cognitive comportementale effectués en Australie avec celui des dommages, mesurables et non mesurables, infligés aux victimes qui avaient subi des sévices sexuels.

L’estimation a pris en considération différents aspects problématiques.

Parmi ceux-ci : l’importance du taux de récidive possible,l’incertitude autour du nombre de délits sexuels à l’encontre d’enfants chez les récidivistes ainsi que les problèmes méthodologiques concernant l Résultats : Malgré la variation dans l’estimation des paramètres servant à analyser le coût ou les bénéfices des programmes de traitement des pédophiles en prison, on a trouvé que le coût financier des abus sexuels aux enfants était élevé et que les économies entraînées par l’application de programmes appropriés et efficaces étaient importantes.Conclusions : Sur la base d’estimations faites à l’aide d’un ensemble raisonnable de paramètres on a pu constater que les programmes de thérapie comportementale cognitive utilisés pour les pédophiles en prison réalisaient un bénéfice net pour la société.

Malgré cela, un champ de recherche critique devra, à l’avenir, aller plus loin dans la méthodologie pour estimer l’impact quantitatif pour la société des abus sexuels concernant les enfants.  

6. – FORMATIONS ORGANISÉES PAR LA FÉDÉRATION DES RELAIS ENFANTS-PARENTS EN 2004 – PRÉVENTION ET TRAITEMENT PRÉCOCE DES DYSFONCTIONNEMENTS PARENTAUX – Coût : 220 €

TRAITER L’INCESTE

 

Ces deux journées ont pour objet l’approfondissement de l’un des axes de la session « liens ou chaînes ». Cependant, peuvent y être intéressés des professionnels en prise avec les questions du traitement de l’enfant et de sa famille.

 

L’ENFANT VICTIME

Commotion psychique et phénomène d’emprise.

Les mécanismes intrapsychiques de l’identification à l’agresseur.

 

L’ENFANT VICTIME DANS SA FAMILLE

Le conflit de loyauté.

Le rôle de la mère et l’ambiguïté des conduites de la fratrie.

La place de l’enfant victime : entre réparation et exclusion.

La psychothérapie familiale.

 

TRAITEMENT DE L’AUTEUR

Modèles psychothérapeutiques.

L’emprise et le traitement.

 

7. – Extrait du rapport n° 49 du sénateur Charles Jolibois, le 22 octobre 1997

établi lors de la première lecture du projet de loi : http://www.senat.fr/rap/l97-049/l97-049_toc.html. L’extrait se situe au début du III. Les propositions de votre commission des lois : http://www.senat.fr/rap/l97-049/l97-0492.html.

 

8.  – Child Abuse Negl. 2001 Apr;25(4):541-55.

Counting the cost: estimating the economic benefit of paedophile treatment programs.

Shanahan M, Donato R.

Child Protection Research Group, School of International Business, University of South Australia, Adelaide.

OBJECTIVE: The principal objective of this paper is to identify the economic costs and benefits of pedophile treatment programs incorporating both the tangible and intangible cost of sexual abuse to victims. METHOD: Cost estimates of cognitive behavioral therapy programs in Australian prisons are compared against the tangible and intangible costs to victims of being sexually abused. Estimates are prepared that take into account a number of problematic issues. These include the range of possible recidivism rates for treatment programs; the uncertainty surrounding the number of child sexual molestation offences committed by recidivists; and the methodological problems associated with estimating the intangible costs of sexual abuse on victims. RESULTS: Despite the variation in parameter estimates that impact on the cost-benefit analysis of pedophile treatment programs, it is found that potential range of economic costs from child sexual abuse are substantial and the economic benefits to be derived from appropriate and effective treatment programs are high. CONCLUSIONS: Based on a reasonable set of parameter estimates, in-prison, cognitive therapy treatment programs for pedophiles are likely to be of net benefit to society. Despite this, a critical area of future research must include further methodological developments in estimating the quantitative impact of child sexual abuse in the community.

PMID: 11370725 [PubMed – indexed for MEDLINE]

 

9. – Am J Orthopsychiatry. 2001 Jan;71(1):131-9; discussion 140-1.

The economics of child sex-offender rehabilitation programs: beyond Prentky & Burgess.

Donato R, Shanahan M.

School of International Business, University of South Australia, Adelaide.

In a 1990 article in this journal, Prentky and Burgess examined cost-effectiveness of the rehabilitation of child molesters. Their estimates were based on the tangible costs of incarceration and particular recidivism rates. This paper extends those findings by estimating the intangible costs of child sexual abuse and a range of recidivism rates. The result is to focus greater attention on the efficacy of treatment programs and the potential economic damage done to children by child molesters.

PMID: 11271712 [PubMed – indexed for MEDLINE]

 

10. – Child Abuse Negl. 2003 Dec;27(12):1397-408.

Reported contact with child protection services among those reporting child physical and sexual abuse: results from a community survey.

MacMillan HL, Jamieson E, Walsh CA.

Canadian Centre for Studies of Children at Risk, Faculty of Health Sciences and Hamilton Health Sciences Corporation, McMaster University, Patterson Building, Chedoke Division, Box 2000, Hamilton, Ont., Canada, L8N 3Z5.

OBJECTIVE: This study uses results from a large community survey to examine the relationship between a history of child maltreatment and self-reports of contact with Child Protection Services (CPS). METHODS: The Ontario Health Supplement was a province-wide, probability-based survey of household dwellings in the province of Ontario, Canada. A random sample of residents aged 15 and older participated in the Ontario Health Supplement (N=9953). A face-to-face interview included a question about contact with Child Protection Services (CPS), and the Child Maltreatment History Self-Report, a self-administered questionnaire, was used to assess history of child physical and sexual abuse. RESULTS: Only a very small percentage of respondents with a history of child abuse reported contact with CPS; 5.1% of those with a history of physical abuse, and 8.7% of those with a history of sexual abuse. Contact with CPS was associated with younger age of respondent for both types of abuse and female gender for physical abuse. In the case of sexual abuse, younger respondents whose parental employment classification was in the lower socio-economic group were more likely to have contact with CPS. CONCLUSIONS: Interventions that target only those who come in contact with CPS will not reach most persons exposed to child abuse.

PMID: 14644057 [PubMed – indexed for MEDLINE]

 

11. –  Arch Dis Child. 1992 Jul;67(7):905-8; discussion 908-10.

Suspected child abuse: cost in medical time and finance. Summers CL, Molyneux EM.  –  Accident and Emergency Department, Royal Liverpool Children’s Hospital.

In a prospective study the number of children attending the Royal Liverpool Children’s Hospital (RLCH) for examination after allegations of child abuse, and the type of abuse involved, was recorded from July to December 1990. The cost to the hospital of these examinations and initial investigations was assessed. The study was carried out in the major and minor accident and emergency departments and the Rainbow Centre of the RLCH. In six months 181 children were examined.Cases of sexual abuse and non-accidental injury were seen in equal numbers. Girls outnumbered boys and 60% were referred by social services. The costs over the six month period were 31,739 pounds. The minimum projected annual cost is 63,500 pounds. We conclude that the cost of running an effective service for the initial assessment of children who are possible victims of child abuse is considerable in practical terms and in medical time.

PMID: 1519956 [PubMed – indexed for MEDLINE]

 

12. –  Soc Sci Med. 2006 Oct;63(7):1711-9. Epub 2006 Jun 21.

The influence of child abuse on the pattern of expenditures in women’s adult health service utilization in Ontario, Canada.

Tang B, Jamieson E, Boyle M, Libby A, Gafni A, MacMillan H.

Offord Centre for Child Studies, Department of Psychiatry and Behavioural Neurosciences, McMaster University, Ont., Canada L8N 3Z5. b_tang@shaw.ca <b_tang@shaw.ca>

Childhood maltreatment is a common and serious problem for women, particularly in relation to impairment in adulthood. To our knowledge, no system-wide study has addressed the influence of childhood maltreatment on the cost of these women’s adult health service utilization. This paper examines this relationship. The 1990 Ontario Health Survey (OHS) gathered information regarding determinants of physical health status and the use of health services. The 1991 Ontario Mental Health Supplement (OHSUP) examined a variety of childhood experiences as well as the prevalence of psychiatric disorders from a sample of OHS respondents. These were province-wide population health surveys of a probability-based sample of persons aged 15 years and older living in household dwellings in Ontario. The OHSUP randomly selected one member from each participating OHS household to be interviewed regarding personal experiences and mental health. This analysis used data from women aged 15-64 who participated in both the OHS and OHSUP. Self-reported health service utilization was collected in four groups of women–those who reported no history of child abuse, those with a history of physical abuse only, those who reported sexual abuse only, and those who reported both physical and sexual (combined) abuse. We hypothesized that a history of child abuse would result in greater adult health care costs. The results indicated that having a history of combined abuse nearly doubles mean annual ambulatory self-reported health care costs to 775 dollars (95% CI 504 dollars-1045 dollars) compared to a mean cost of 400 dollars with no abuse (95% CI 357 dollars-443 dollars). Median annual ambulatory self-reported health care costs were also increased in the combined abuse group, to 314 dollars (95% CI 220 dollars-429 dollars), compared to 138 dollars (95% CI 132 dollars-169 dollars) in those with no abuse. We conclude that child abuse in women is significantly associated with increased adult self-reported health care costs.

PMID: 16793185 [PubMed – indexed for MEDLINE]

 

13. – Child Welfare. 1998 Jul-Aug;77(4):371-88. Links

« Reporting costs » to nonoffending parents in cases of intrafamilial child sexual abuse. Massat CR, Lundy M.

Jane Addams College of Social Work, University of Illinois, Chicago, USA.

Findings from a study of 104 nonoffending parents and their sexually abused children suggest four areas in which non offending parents experience significant change or loss as a result of the disclosure of the sexual abuse of their children. The term reporting cost was coined to describe these changes and losses. The four types of reporting costs found are relational, financial, vocational, and residential. Non offending parents experienced an average of three major costs from the disclosure of intrafamilial sexual abuse.

PMID: 9666550 [PubMed – indexed for MEDLINE]

   

14. – L’état de santé de la population en France en 2006 – Indicateurs associés à la loi relative à la politique de santé publique

Ce document touche à la problématique de l’inceste par plusieurs points.

Nécessité de la prévention: primaire, secondaire et tertiaire;  Surpoids et Obésité;  Usage de drogues et alcool;  Suicides, Accidents de transports, Maladies psychiques.

Extraits :

Des progrès pourraient être réalisés grâce à la prévention et à des améliorations

des prises en charge, et ce à tous les âges de la vie en matière de mortalité évitable.

En effet, comparée aux pays de l’Union européenne (à 15), la France se trouve à l’avant-dernier rang pour la mortalité prématurée et au dernier rang pour la mortalité prématurée évitable (données 2001). Ces taux sont particulièrement préoccupants pour les hommes.  Cette mortalité prématurée est notamment liée aux cancers et aux autres pathologies provoquées par le tabac et l’alcool mais aussi aux suicides et aux accidents de transport sur lesquels doivent continuer à porter nos efforts.

L’augmentation de la prévalence des maladies chroniques, si elle témoigne d’une meilleure efficacité du système de santé, pose des problèmes importants notamment en terme de qualité de vie.  Pour ces pathologies tout particulièrement, les problématiques d’accès aux soins (proximité géographique mais aussi accès économique) et de qualité des soins sont au premier plan.  Le suivi de l’état de santé tel qu’il est prévu notamment dans la loi relative à la politique de santé publique fait la part de la description quantitative de ces pathologies (incidence et prévalence) mais également de leur prise en charge (indicateurs de qualité du suivi) et de leurs répercussions (qualité de vie). Pour ces derniers indicateurs, les mesures chiffrées sont encore pour partie du domaine de

la recherche.

Les maladies psychiques recouvrent un continuum d’états pathologiques allant de troubles relativement mineurs ou n’apparaissant que sur une période limitée de la vie (dépression légère, trouble du comportement passager…) à des états chroniques graves (psychose chronique) ou à des troubles aigus sévères avec risques de passage à l’acte (suicide, mise en danger d’autrui).  Ils sont également à l’origine d’altérations importantes de la qualité de vie à la fois pour le malade et pour son entourage.

Première cause de reconnaissance d’affections de longue durée chez l’adulte, leur répercussion économique est considérable, tant par le poids de ces pathologies au sein du système de soin que par leurs conséquences sur le travail et la vie sociale. 1,2 million de personnes vivant à domicile déclaraient à cet égard consulter régulièrement pour ces troubles en 1998, et le nombre de personnes

hospitalisées était de l’ordre de 60 000.

Si, là encore, le développement des maladies est dans la plupart des cas la résultante de facteurs combinés (susceptibilité individuelle alliée aux conditions de vie), des mesures de prévention efficaces sont possibles mais le champ en est vaste : actions favorisant le bon développement de l’enfant, dépistage et prise en charge précoce des troubles notamment à l’adolescence, accès aux soins de santé mentale des personnes en situation de précarité ou d’exclusion, soutien de familles de malades mentaux, prévention en milieu de travail… Les acteurs sollicités sont à la fois des professionnels de la santé et de l’action sociale. 

Le suicide est un problème important de santé publique : au sein de l’Europe des 15, comme de l’Europe des 25, la France se situe dans le groupe des pays à forte fréquence du suicide. 10 810 suicides ont été enregistrés en France en 2002. Même s’ils ont diminué entre 1990 et 2002, ils représentent toujours la deuxième cause de mortalité prématurée évitable pour les hommes (22 décès pour 100 000) et la première pour les femmes (7,6 pour 100000). Très liés à la dépression, les suicides peuvent être prévenus en partie par des actions de prévention notamment par la formation des professionnels de soins au repérage et au traitement des états dépressifs.

Le nombre d’usagers problématiques de drogues opiacées et/ou de cocaïne était compris entre 150000 à 180000 personnes en 1999 selon l’OFDT.  En 2003, entre 71 800 et 84 500 patients étaient sous traitement de substitution aux opiacés par Subutex® et entre 11 200 et 16 900 étaient sous Méthadone.

 

15. –  Child Abuse Negl. 1995 Mar;19(3):291-5.

Reimbursement and insurance coverage in cases of suspected sexual abuse in the emergency department.  Kupfer GM, Giardino AP.

Department of Pediatrics, Children’s Hospital of Philadelphia, PA, USA.

OBJECTIVE: To characterize third party payor types and rates of reimbursement for hospital costs in emergency department (ED) evaluations of preadolescents presenting as suspected victims of sexual abuse (SSA). DESIGN AND METHODS: Retrospective chart review, comparing a set of 186 SSA patients with 623 evaluated for upper limb fracture and cumulative reimbursement and insurance data for all patients presenting to the ED during a 12-month period. RESULTS: A greater percentage of SSA patients was uninsured (N = 96, 52%) as compared to patients with fractures (N = 9, 1%); 23% of all ED billing came from the uninsured. Of the 96 self-pay SSA patients’ bills only 4% reimbursement was received. Of the insured, a greater percentage of the SSA patients was covered by publicly-funded plans (n = 59, 66%) as compared to fracture patients (N = 327, 52%). A lower percentage of insured SSA bill reimbursement was received from publicly-funded insurance than from commercial insurance (28% vs. 58%). CONCLUSIONS: Hospital costs of SSA patients are more often and to a greater degree underwritten by the hospital itself as a result of lower reimbursement and a higher percentage of uninsured and publicly-funded plans in that group, raising critical questions about how care for children with serious socially-based diagnoses is delivered and funded.  PMID: 9278728 [PubMed – indexed for MEDLINE]

 

16. – Child Abuse Negl. 2001 Apr;25(4):541-55.

Counting the cost: estimating the economic benefit of paedophile treatment programs. Shanahan M, Donato R.

Child Protection Research Group, School of International Business, University of South Australia, Adelaide.

OBJECTIVE: The principal objective of this paper is to identify the economic costs and benefits of pedophile treatment programs incorporating both the tangible and intangible cost of sexual abuse to victims. METHOD: Cost estimates of cognitive behavioral therapy programs in Australian prisons are compared against the tangible and intangible costs to victims of being sexually abused. Estimates are prepared that take into account a number of problematic issues. These include the range of possible recidivism rates for treatment programs; the uncertainty surrounding the number of child sexual molestation offences committed by recidivists; and the methodological problems associated with estimating the intangible costs of sexual abuse on victims. RESULTS: Despite the variation in parameter estimates that impact on the cost-benefit analysis of pedophile treatment programs, it is found that potential range of economic costs from child sexual abuse are substantial and the economic benefits to be derived from appropriate and effective treatment programs are high. CONCLUSIONS: Based on a reasonable set of parameter estimates, in-prison, cognitive therapy treatment programs for pedophiles are likely to be of net benefit to society. Despite this, a critical area of future research must include further methodological developments in estimating the quantitative impact of child sexual abuse in the community.  PMID: 11370725 [PubMed – indexed for MEDLINE]

 

17. –  Child Abuse Negl. 2000 Nov;24(11):1471-84.

Symptomatology and health care utilization of women primary care patients who experienced childhood sexual abuse. Hulme PA.

University of Iowa, College of Nursing, Iowa City, USA.

OBJECTIVE: The purpose of this study was to (1) determine the symptomatology of women primary care patients who experienced childhood sexual abuse (CSA), using both a self-report survey and a chart review, and (2) determine their health care utilization patterns, using chart and information system reviews. METHOD: An ex post facto research design was used. Women primary care patients who experienced CSA were compared with those who reported no CSA. Participants were recruited from a random sample of women patients from a large primary care clinic. They were mailed the survey; chart and information system reviews were conducted on those who returned surveys. RESULTS: Of the 395 participants, 23% reported past CSA on the survey. Women who experienced CSA reported 44 out of 51 physical and psychosocial symptoms more frequently than their counterparts who reported no past CSA. Further, they experienced these symptoms more intensely and in greater number. In their charts, however, far fewer differences in symptoms between groups were found. Nonetheless, women who experienced CSA visited the primary care clinic an average of 1.33 more times than women with no CSA, and they incurred an average of $150 more in primary care charges over a 2-year period. CONCLUSIONS: The findings indicate that many women primary care patients who experienced CSA suffer multiple symptoms that are not reflected in their charts. In addition, the findings demonstrate that not only is CSA associated with increased primary care visits, but also increased primary care costs, as measured by charges.  PMID: 11128178 [PubMed – indexed for MEDLINE]

 

18.  –  Budget de soins pour une personne victime de faits de pédophilie dans le cadre d’une relation d’autorité.  Victor Khagan, ex victime et auteur.

SOINS DE SANTE

Je peux déjà esquisser à partir de dépenses réelles en psychiatrie (consultations à 100 euros, 1500 €) ou en psychologie (alentour de 50 à 75 euros : 240 X 50 = 12.000 €) quoique, en ce qui me concerne, comme je suis en situation précaire, j’aie bénéficié d’un traitement social à 2,50 euros de l’heure deux fois par mois durant quelques temps.  Mais c’est un privilège dont très peu « jouissent ».  Il y a les séances d’EMDR et le Kinésiologue (100 euros / heure, aussi : 20 X 100 = 2.000 €) puis tous les médocs durant dix ans …ou durant trente ans ? ( dix ans : 520 semaines à 50 € = 26.000 € forfait bon marché)

Il y a les consultations de généralistes alentour de ce sujet mais il faudrait considérer toutes les dépenses de santé AVANT les soins : soins de dos deux fois par semaine depuis l’âge de 26 ans (dix ans : 36 x 520 = 18.720 € trente ans dans mon cas et je l’amortis en ne comptant pas les remboursements vu que, en plus, j’ai vécu 15 ans dans un pays où les remboursements n’existaient pas) , les conséquences économiques des échecs aux études (cinq années d’études répétées comptées à 1.200 € = 6.000 €

TOTAL ESTIMATION sur base expérience propre :                            66.220 euros.

INDEMNISATIONS FORFAITAIRES

Indemnisation forfaitaire pour le manque à gagner d’études supérieures : 400.000 € car une reconnaissance immédiate des faits avec thérapies permet à l’enfant victime de se reprendre alors que, au contraire, le silence et le déni l’écrasent chaque plus dans la dévalorisation et les maux psychosomatiques (vingt mille euros durant 20 ans).

Des accidents de diverses sortes dû à la confusion mentale du sujet, des soins pour 14 allergies dans mon cas durant 15 ans, des absentéismes pour migraines ophtalmiques (de 24 à 36 heures), pour ennuis cardiaques ou états dépressifs puis pertes d’emplois successives pour dépression nerveuse (cas personnel) : indemnisation inestimable mais fixée forfaitairement à 100.000 € (vingt mille euros sur cinq années).

Inclure la destruction du foyer typique des partenaires abusés dans l’enfance car la nécessité des victimes de se centrer sur leur mal constamment afin d’arriver à pouvoir identifier chaque malaise et de se défaire des souvenirs traumatisants (conjugués à ceux causés par la violence physique et aux troubles psychiques causés par la dévalorisation dans la société immédiate ou environnante et professionnelle mais aussi la perte de leur capacité de se relationner affectivement et sexuellement avec un partenaire ou d’établir des liens de filiation et/ou d’éducation, faits très habituels chez ces victimes) :

Indemnisation inestimable mais fixée forfaitairement à 200.000 € (préjudice moral).

Dans de nombreux cas, fréquentes hospitalisations en psychiatrie a la suite de TS ou pour anorexie, pour usage de stupéfiants ou pour alcoolisme, ou pour des troubles multiples allant jusqu’à des cancers rarissimes et/ou pour stérilité (Ici se situe réellement le concept non assistance à personne en danger : que vaut la prise de risque d’un adolescent en TS ?).

Outre le concept notoirement reconnu de Stress Post Traumatique, de nombreuses victimes tombent dans l’enfer de ces différentes pathologies reconnues : la psychose bipolaire, la fibromyalgie, l’état borderline qui coûtent cher à la société.

Dans de nombreux cas aussi, la chute sociale menant à l’existence de Sans Domicile Fixe : que vaudra chaque année de vie dans la rue et sa déchéance ?

Dans ce paragraphe seront inclues les maladies chroniques du système digestif dont, très fréquemment pour ces victimes, la maladie de Cröhn (quelle indemnisation pour la maladie de Cröhn ?) : Je propose pour l’ensemble une indemnisation forfaitaire de 200.000 € (vingt mille euros durant dix ans).

Et puis, dans les troubles relationnels,  il y a les problèmes prolongés à la descendance : les enfants de parent angoissé héritent du traumatisme assez fréquemment et ont aussi parfois les symptômes d’inceste (usage assimilé du mot « inceste» pour toute agression dans une relation d’autorité, selon la théorie de l’anthropologue Illel KIESER, auteur et ancien titulaire de la chaire à l’Université de Toulouse), alors qu’ils ne sont pas victimes (Inestimable – Voir l’œuvre de PUSKAS : «Les amours cloués»).

Pour finir, impossible de ne pas mentionner les personnes qui, totalement dévalorisées et «faites» à leur exploitation sexuelle, tombent dans la prostitution où, d’une certaine manière,  elles répètent à l’infini leur martyr, devenues hyper érotisées très jeunes et parfois «faites» à la sanction infiniment indigne de l’argent reçu pour leur silence mais qui, pour elles, sont le symbole de la valeur de leur vie (estimable au cas par cas, sujet à débattre – voir les troubles de l’identité sexuelle).

CES ESTIMATIONS sont proposées pour non assistance à personne en danger et complicité dans la destruction de leur existence individuelle et sociale.

Ces estimations sont basées sur la somme des articles mentionnés dans ce dossier et réunis et commentés avec le Docteur en Psychologie Sociale, Aude Fiévet, de Paris qui s’intéresse à la victimologie depuis de longues années sur la base des travaux fournis autant par l’expérience canadienne en la matière que par les apports institutionnels d’autres pays européens ou anglo-saxons : Australie, Finlande, Suède, Suisse, United Kingdom, USA.