Les préjugés

L’inceste

Les préjugés

Petit dictionnaire des idées reçues

Le « Petit dictionnaire des idées reçues sur l’abus sexuel à l’encontre des enfants », élaboré par l’association belge Parole d’enfants, résume admirablement les préjugés auxquels se heurtent les victimes. L’inceste, on en parle dans les média mais on en parle encore trop souvent mal.

Un préjugé tenace consiste à croire que l’inceste chez l’enfant est associé à de la violence physique. C’est faux. Voyons ce qu’en dit notre petit dictionnaire :
« L’abus sexuel est rarement associé à de la violence physique. Etant donné que l’abuseur choisit souvent un enfant qu’il connaît et qui a confiance en lui, les promesses, la séduction, l’affection sont des armes bien plus efficaces pour arriver à ses fins.
Souvent il n’est pas nécessaire de recourir à la force pour contraindre un enfant à ne pas s’opposer à des gestes sexuels.
C’est pourquoi la majorité des enfants abusés ne présentent pas de lésions visibles. Lorsqu’il y a eu pénétration, de telles séquelles peuvent être présentes, mais dans beaucoup de situations, notamment lorsque les gestes abusifs ont été des attouchements, des fellations ou des pénétrations avec le doigt, il n’y a pas de marques physiques ni de blessures apparentes.
Notons que l’enfant peut avoir l’impression d’avoir subi une relation sexuelle complète alors que l’abuseur a frotté son sexe contre sa région génitale sans pénétration. L’entourage, apprenant qu’il n’y pas de lésion (perte de la virginité par exemple), peut avoir tendance à mettre en doute l’ensemble du témoignage de l’enfant alors que celui-ci est fondé.
Suite aux actes subis, l’enfant vit souvent avec la peur que son corps ait été « abîmé » par l’abus sexuel. Certaines filles se demandent par exemple si elles pourront quand même avoir des enfants plus tard. »