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Livre : « Petite table, sois mise ! »

Petite table soit mise !

J’ai lu les premières pages de ce livre et, personnellement, j’ai seulement été gagnée par un profond dégoût.

Je ne le conseillerai à aucune personne de mon entourage.

Le ton enjoué de l’auteure et son talent d’écrivaine n’ont pas suffi chez moi à masquer l’horreur des scènes décrites.

L’état de dissociation profond (état pathogène adopté par tout organisme vivant en proie à un stress dépassant ses possibilités d’adaptation) de la petite narratrice est d’une violence inouïe. Doit-on applaudir le record ?

Ce livre n’est pas subversif, comme j’ai pu le lire dans certaines critiques. Il est simplement à vomir par les personnes qui sont ou ont été confrontées à la réalité des faits décrits et à leurs séquelles chez l’enfant et l’adulte.

A qui s’adresse ce livre et qui l’a aimé ?

Il existe des personnes qui affirment sans apparemment la moindre once de culpabilité, qu’elles sont émoustillées par la lecture de scènes pédo-pornographiques, des personnes qui trouvent ces scènes délicieusement choquantes.

A ceux qui sont émoustillés par des scènes pédo-pornographiques, je conseillerai de lire l’article traitant des séquelles chez les personnes ayant subi ces mêmes pratiques émoustillantes une fois adultes (cf. liens ci-dessous). Ce n’est pas de la littérature, certes, mais c’est au moins aussi subversif quand on connaît l’état d’abandon dans lequel croupissent la grande majorité des petites victimes aujourd’hui dans notre pays. Il s’agit du fruit d’une recherche américaine récente portant sur 17000 individus, sur une période de 50 ans. Subversif, je vous l’assure.

Force est de reconnaître qu’aucun enfant n’a été mis en péril par la rédaction de ce texte.

Mais ce livre est en libre accès, sans aucun avertissement sur la couverture. Les fans d’Anne Serre vont-il laisser traîner le bouquin sur la table basse de leur salon, à la portée de leur bambin de 10 ans ? Non, bien sûr. Alors… Quelqu’un a-t-il pensé aux enfants et aux ados qui circulent dans les librairies (oui, il en existe encore) ? Personne ne trouve donc cela un peu… irresponsable ?
Comment ne pas être inquiet à l’idée que ces pages puisse tomber entre les mains d’une gamine, quand on connaît l’impact que peuvent avoir certains mots et certaines scènes bien plus anodines sur leur esprit, leur image de soi, de leur propre corps ?

Et vous, qu’en pensez-vous ?

► Lire la présentation du livre chez l’éditeur (éditions Verdier)

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